Partage d’expériences réussies d’entrepreneurs innovants

Notre invité est François TENEGAL, Associé et co-fondateur de NANOMAKERS, CEO

 

Nanomakers est une spin-off du CEA. Elle produit des nano-poudres  de Carbure de Silicium (SiC) et de silicium enrobé de carbone (SiWC). Ces poudres sont compatibles avec un grand choix de matériaux, tels que les polymères de type caoutchouc ou résines, les métaux, les céramiques ou encore les composites notamment ceux à fibres.

Ces poudres à l’échelle « nano » peuvent ainsi être dispersées dans différentes matrices ou déposées de sorte de former des revêtements dont elles renforcent par ailleurs la durabilité et les performances mécaniques, chimiques et thermiques.

François TENEGAL a travaillé de longues années en R&D avant de se lancer dans la création de cette start-up innovante lauréate du concours du ministère de la recherche et de l’enseignement supérieur dans la catégorie « émergence » en 2008, puis dans la catégorie « création développement » en 2009.  Cyril NADEAU, également associé et fondateur a rejoint très tôt en 2008 le projet de lancement de la start-up pour compléter les compétences de François TENEGAL, Cyril NADEAU ayant acquis une expérience significative en business développement dans de grands groupes.

CTB : Bonjour François, vous avez créé une start-up innovante « Nanomakers ».  Aujourd’hui, vous avez levé 3,3  million d’euros, vous avez créé un site industriel pour produire les nano-poudres,  vous détenez un  partenariat avec le CEA et vous employez 10 salariés. Cette trajectoire gagnante est surtout due à vos engagements respectifs dans le projet ainsi qu’à votre détermination. Ma première question est de vous demander comment avez-vous décidé de vous  lancer dans cette création de start-up innovante ?

FT : C’est la conjonction entre la maturité industrielle d’une technologie que j’ai développée à l’échelle prototype au CEA et un besoin grandissant de la part de plusieurs industriels français et internationaux qui a été le premier moteur.  La conviction aussi du caractère fortement innovant à la base de cette technologie générique et de ses possibilités en matière d’innovations futures.

Après avoir développé et porté le processus à l’échelle du prototype industriel (preuve de concept) au CEA, il m’est apparu logique de poursuivre la démarche en rendant le processus totalement industriel pour répondre ainsi à la demande croissante des industriels cherchant à développer des matériaux plus performants voire des super matériaux intégrant nos nanopoudres, nouveaux matériaux, plus durables, plus économes en énergie, plus résistants ;  bref une vision de l’avenir et de la place qu’auront nos produits dans l’industrie des matériaux, industrie  à l’aube de profondes mutations du fait de l’épuisement de nos ressources naturelles.

CTB : Comment avez-vous fait ?  Quels ont été les dispositifs qui ont servi de levier ?  Pourquoi ?

FT :Tout d’abord je me suis ouvert. Issu exclusivement du milieu scientifique et technique tant au niveau de ma formation que de mon parcours, j’ai identifié qu’il me manquait une compétence business que je suis allé chercher et c’est comme cela que Cyril est arrivé. Ce qui a primé dans ce choix initial c’est l’expérience de mon associé et ses réussites en matière de business développement bien que n’étant pas du tout du milieu scientifique et technique. Cette association est arrivée tôt dans le processus, dés le début de mon incubation, ce qui a permis d’établir un business model puis un business plan solide qui ont permis de lever les fonds. Maitriser une technologie ne suffit pas, il faut savoir la valoriser au mieux et la réflexion a été enrichie du fait de l’arrivée de Cyril qui, issu d’un milieu non scientifique mais avec une expérience solide en matière de business.

Les dispositifs sont tout d’abord les incubateurs qui vous permettent d’être au contact de l’entreprenariat au sens large, de bénéficier de formation, de s’ouvrir également, de commencer à appréhender la transition d’un métier à un autre.  Ensuite les aides et subventions ont joué un rôle majeur. Le fait d’avoir été lauréats du concours national nous a permis de créer la Société, d’exister vis à vis de nos prospects et clients, de pouvoir facturer, de constituer un réseau mais aussi une image découlant de la vision stratégique des fondateurs.  Dans notre cas, le CEA a aussi contribué au travers d’accords de licence et de savoir-faire, d’aide à la R&D mais aussi par la reconnaissance internationale de cet organisme dont a bénéficié notre société dans le cadre de ses prospections. Cela renforce la crédibilité. Nous bénéficions du même type d’aide de la part d’un groupe industriel français. Après cela, nous avons activé les différentes aides possibles tant en subvention qu’en avances remboursables au niveau national, régional, départemental et de proximité avec la ville de Rambouillet qui a été particulièrement efficace dans l’aide apporté à notre implantation géographique. Les guichets sont nombreux et il ne faut pas hésiter à se faire aider pour savoir quand et comment aller chercher ces aides.

Sans ces dispositifs et aides, nous aurions eu beaucoup plus de mal à créer et développer notre société car notre activité dans le domaine industriel nécessite des ressources financières conséquentes. Les prospects et clients que nous avons pu adresser grâce aux aides publiques, le soutien des organismes de recherche à l’innovation en particulier de celui dont est issu la technologie ont ensuite permis d’aller chercher des financements pour nous développer en levant des fonds auprès de différents partenaires financiers.

CTB : Après 5 années entièrement consacrées à cette start-up, quels sont les conseils que vous pourriez donner à de créateur d’entreprises innovante ?

FT : Surtout la persévérance, le fait de rester mobilisé sur sa vision quoi qu’il arrive. Les doutes peuvent apparaître mais il faut savoir tenir, être porté par sa conviction, la communiquer aux autres, constituer un réseau. C’est la force de sa conviction en tant que fondateur qui permet de gravir la montagne pas à pas mais de façon certaine. Prendre du recul aussi sur soi même, ses compétences mais aussi ses points faibles et ses points forts pour ensuite savoir les compléter au mieux car il est primordial que l’équipe initiale dispose de profils, d’expériences complémentaires. Il faut être sûr de partager la même vision avec son ou ses associés, de pouvoir compter les uns sur les autres, de faire front dans toutes les situations que vivra la société, c’est un élément primordial : la cohésion et la complémentarité de l’équipe, la connaissance de chacun des membres de l’équipe.

Ensuite je dirais, être à l’écoute de sorte de pouvoir prendre les meilleures décisions, consulter, ne pas hésiter à aller vers des personnes susceptibles de vous faire partager une expérience qui pourra vous guider dans vos choix, vous être utile pour vos prises de décision.

Enfin, positiver les situations, ne pas voir le verre à moitié vide mais à moitié plein, tenir compte des signaux d’alertes mais rester toujours ancré dans une vision positive, rester focalisé sur son objectif et les petits ou grands remous, les sources de dispersion, seront faciles à dépasser.

Mieux connaître Nanomakers  http://nanomakers.fr/fr/

François TENEGAL : http://nanomakers.fr/fr/societe/equipe/

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