« Mathématiques et entrepreneuriat »

« Mathématiques et entrepreneuriat » est le premier forum organisé par IncubAlliance. Une journée très réussie et pleine d’optimisme. Cet événement a montré qu’il existe un alignement réel et concret entre les besoins des entreprises et de la richesse des solutions apportées par les mathématiciens. La réussite d’une société humaine est fortement liée aux mathématiques. Cette discipline pourrait-elle faire redécoller la France ?

Pour Madame Geneviève FIORASO – secrétaire d’Etat charge de l’Enseignement confiersupérieur et de la Recherche – accroître le nombre d’entreprises innovantes et développer l’emploi comptent parmi les priorités de la nation. Elle a insisté sur l’ouverture et le décloisonnement des disciplines en soulignant qu’il faut aussi compter sur les SHS. Les 12 médailles Fields remportées par la France illustrent l’excellence des mathématiciens français. Elle considère que les mathématiques et l’informatique sont au cœur des nouveaux enjeux le « big data » et le « machine learning ». Elle a également souligné son engagement pour la création d’entreprises en rappelant qu’elle a lancé le statut d’entrepreneur étudiant.

antiquité

Cédric Villani – directeur de l’institut Henri Poincaré et Médaille Fields (2010) – a emporté l’auditoire dans un fabuleux voyage historique de l’Antiquité à aujourd’hui. Il a montré comment notre histoire et nos innovations résultent des mathématiques les plus folles, les plus entêtantes et les plus créatives.

Selon les experts présents, l’avenir technologique de la France pourrait bien résider dans le « machine learning » et dans la gestion du « big data ». Ils ont également montré que les mathématiques solutionnent les problématiques d’entreprises : recherche des tendances, recherche d’efficacité, traitement de l’image, protection des données et des logiciels… Les applications sont infinies. Seule notre raison nous empêche de les entrevoir. Confier un problème à un mathématicien c’est repousser les limites de notre esprit.

Les mathématiciens « startupers » ont décrit des parcours d’entrepreneurs passionnants. Selon eux, la création d’entreprise est une remise en question permanente. Elle apprend à face à des situations périlleuses. Ils ont su expliquer que cette discipline permet de trouver des solutions lorsqu’ils sont face à un mur. La création d’entreprise mène à d’autres créations d’entreprises pour les « mathématiciens serial entrepreneurs ». Pour d’autres, elle peut les ramener à leur vie d’enseignant chercheur.equation

Le trait d’union entre les mathématiciens entrepreneurs et les clients se fonde sur leurs capacités à livrer aux clients des solutions transparentes, à très haute valeur ajoutée. L’exposé à deux voix du physicien et de l’expert en marketing rappelait ce point essentiel. (Laurent Maruani, professeur de marketing, HEC et Alain Maruani, professeur de physique, ENPC)

Enfin, cette journée n’aurait pas existé sans une rencontre humaine fortuite, le travail de l’équipe d’IncubAlliance et l’accueil du forum dans les murs du ministère. C’est ce que le directeur général et le président d’IncubAlliance ont rappelé. Ce forum a montré que la France pourrait produire encore plus de belles entreprises. Alors, qu’elle est l’équation pour répondre à la question «plus d’entreprises technologiques et innovantes »? Cédric Villani résume l’innovation et la créativité en quatre variables : le besoin, le rêve, la curiosité et le hazard.

Posté par CTB

Liste des orateurs par ordre d’intervention :

Philippe Moreau directeur général d’IncubAlliance, Madame Geneviève Fioraso, secrétaire d’Etat chargée de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Cédric Villani directeur institut Henri Poincaré, David Bessis, fondateur, TinyClues, Francis Bach, responsable du projet Sierra, INRIA, Laurent Maruani, professeur de marketing, HEC, Alain Maruani, professeur de physique, ENPC, Stéphane Mallat, professeur, Fabrice Derepas, CEO TrustInSoft, François Mériaux, Spraed, Jérôme Kalifa, CEO, Lixoft, Thierry Borsa, directeur des rédactions Le Parisien / Aujourd’hui en France, modérateur, Jean Bourcereau, general partner, Ventech, Marie Ekeland, présidente, France digitale et investisseur, Stéphane Mallat, fondateur, Let It Wave, Laurent Maruani, professeur, HEC, Etienne de Rocquigny, administrateur, Société de mathématiques appliquées et industrielle, William Saurin, directeur général, Sobios, Eric Henriet, président d’IncubAlliance, Thierry Chevalier, directeur, CompinnoV, animation de la journée

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Industrialisation et compétences clefs

615 projets innovants, 615 expériences singulières et 615 technologies prometteuses me séparent de 2006. Cette annéecropped-bandeau6.jpg-là marque le début de mon travail avec les entrepreneurs innovants. Toutes ces rencontres incroyablement riches montrent que rares sont ceux qui 3 à 4 années plus tard travaillent toujours sur les produits ou les services imaginés lors du lancement du projet. La techno n’est pas toujours aussi prometteuse, le « petit » pourcent visé du marché pourtant très prometteur n’est finalement pas si facile à atteindre, l’équipe doit se restructurer ; il y a encore beaucoup de causes à ces changements de « direction ». Pour autant, ce sont toujours pour ces raisons que la survie du projet est liée à la capacité de l’équipe à opérer très vite des mutations stratégiques et des évolutions technologiques.


punaise

Pour opérer rapidement des pivots – le changement de produits ou de services, la modification du modèle d’affaire – il est important de savoir où se trouvent les compétences disponibles au sein du projet. Si chacun connaît le salarié ou l’associé avec lequel il travaille, peu connaissent les compétences, les expériences, et les petites choses qui font la différence dans un profil de compétences.

 

compétencesNégliger la maîtrise des habilitations, des compétences disponibles et des expériences engendre à coup sûr 12 à 18 mois de retard dans le projet. Dès la genèse de la création d’une entreprise innovante il est nécessaire de penser « gestion des compétences », « gestion des salariés ». Plus que de l’administratif, piloter les compétences d’un projet dès le départ, c’est passer une certification ISO 9001 sans perte de temps, c’est obtenir rapidement une habilitation, et enfin, c’est réussir efficacement une réorientation du projet. Il est dangereux de ne pas avoir de trace du pilotage des profils.

Lorsque certains entrepreneurs me disent « je sais précisément qui fait quoi et qui peut faire quoi » je trouve cela formidable. Mais lorsqu’à la question suivante ils me disent qu’ils ont tout en tête, cela devient risqué. C’est hasardeux pour le projet et bien sûr dangereux pour les investisseurs.

La rationalisation de la gestion des salariés et tout aussi importante que l’industrialisation d’un produit !

Posté par CTB