Comment créer sa boîte – Acte II où est votre marché?

Acte II : pensez à questionner les consommateurs et les acheteurs du produit en devenir

Kolibree l’une des petites perles françaises a été repérée au « Consumer Electronics Show » CES. Dans une interview récente sur BFM, Thomas SERVAL CEO résumait, il me semble, quelques éléments clefs de la compréhension du marché et de l’accès au marché d’une entreprise innovante. Il existe de nombreuses entreprises innovantes qui peuvent servir d’exemple. « Kolibree » permet d’illustrer mes propos. Les ingrédients de cette start-up ? Un marché validé, une communication réussie, des objectifs précis, une belle équipe qui se remet en question et bien sûr « un peu » de techno.

L’équipe a rejoint un accélérateur de croissance, dont l’objectif est de passer de l’idée à la mise sur le marché en 18 mois. Les co-fondateurs de Kolibree sont Thomas SERVAL, Loïc CESSOT et Matthieu DELPORTE. Ils ont développé le produit sur la base d’une étude réalisée auprès de 43 chirurgiens-dentistes et à partir d’une compilation de nombreuses données sur les conséquences négativcropped-bandeau6-8.jpges d’un geste aussi simple que le lavage des dents.

Malgré cette première approche du marché, lorsque l’équipe avait présenté sa brosse à dents connectée celle-ci n’avait pas remporté d’adhésion particulière. Quelque trois mois plus tard, Kolibree devient la start-up dont tout le monde parle. La consécration médiatique arrive au CES à Las Végas!

Entre temps ?

Dans cet intervalle, les fondateurs de l’entreprise ont mieux cerné les attentes punaisedu marché. Nous ne sommes qu’aux prémices du marché des objets connectés. Et si le consommateur n’était pas intéressé par toute la high tech qui pourrait être mise dans un objet connecté ? Le marché montrait que les besoins des consommateurs étaient plus simples. Le consommateur aime solutionner des besoins ou trouver des améliorations à son quotidien. « Keep it simple”! Une communication moins techno permet au produit de toucher un marché plus vaste, une grande partie de la population mondiale.

La réactivité et la compréhension du consommateur final sont deux atouts dont il faut immédiatement s’emparer. A vouloir proposer un objet trop complexe le créateur d’entreprise innovante peut perdre un temps précieux. Est-ce que Sheryl Sandberg ne dit pas ? “Done is better than perfect”. Attention donc à la tentation de vouloir aller trop loin dans les fonctionnalités de son produit technologique et surtout sans aller à la rencontre de son marché. Ce sont deux erreurs irrémissibles dans la création de la start-up. Fatales et fortement coûteuses !

Le test du marché ne s’arrête pas là. Les co-fondateurs de Kolibree vont pré-vendre leur brosse à dents sur « Kickstarter ». En plus de collecter des fonds pour développer leur brosse à dents, ce sera aussi un second test marché. Thomas SERVAL dit de cette approche « qu’il réalise là une étude de marché à l’envers ».

Les personnes qui sont intéressées par le produit pourront dès fin mars précommander la brosse à dents sur Kikstarter. L’objectif du co-fondateur de Kolibree est d’enregistrer 10 000 achats dans le monde, via ce réseau de « crowd founding ». Notez que le mot objectif est inscrit dans l’article. Pour mémoire, un objectif doit toujours être précis, quantifié et délimité dans le temps. Bien que Thomas SERVAL n’ait pas fait de communication précise sur ce point, les investisseurs sembleraient prêts. Pour les fondateurs, la validation du marché « in vivo » sur la plateforme «Kickstarter » devrait être décisive.

Communiquer autour de son produit est aussi un élément indispensable. La communication est s’est aussi faite via la Silicon Vallée. La visibilité de l’entreprise est renforcée depuis le début de l’année avec le succès rencontré par le CES. La plateforme de crow-funding et aussi un moyen de communiquer. Les médias se sont emparés du sujet : une entreprise française repérée au CES c’est important ! Enfin l’équipe doit aussi poursuivre ses interventions publiques. Il reste encore un travail important de communication auprès des utilisateurs. Kolibree se centre sur la création d’un produit fonctionnel en offrant aux créateurs d’applications la possibilité de créer des Applis gratuites. Ce sont ces applications qui renforceront l’attractivité du produit auprès des enfants et des parents mais aussi auprès de toutes les autres typologies de consommateurs.

Finalement, cette réussite s’inscrit dans une suite logique pour ces créateurs d’entreprises innovantes. Oui, ce n’est pas leur première start-up ! Leurs compétences dépassent les frontières de la technologie. Ils ont déjà créé une entreprise et ils possèdent donc des compétences complémentaires à celles liées à la techno produit. Ils ont aussi travaillé dans des grands groupes ce qui leur permet d’emprunter certains processus qui ont fait leurs preuves. Enfin, ils ont probablement appris qu’il était important d’être réactif, qu’il fallait bien cibler son marché et ne pas perdre le consommateur avec trop de technologie.

avionDes idées, de l’énergie, de la technologie, de l’expérience, des compétences, la France en possède. J’en profite pour rappeler qu’il est bon d’aimer les entreprises. Ce sont elles qui nourrissent les individus. Ils sont français mais ils sont visibles dans la « Silicon Valley ». La création d’entreprise c’est aussi sortir des frontières françaises. Selon Alexandre PRO, l’un des co-fondateurs de SMOKIO, à l’horizon 2020, le nombre d’objets connectés est évalué à 80 milliards d’objets. SMOKIO est une autre entreprise française qui met sur le marché la première cigarette électronique connectée au monde. Si SMOKIO est une entreprise française, le marché lui est mondial !

CTB

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Comment innover et travailler efficacement?

Enfant ou peut-être adulte vous vous êtes probablement interrogé, au moins une fois, pour essayer de découvrir « qui est l’homme » ? Pascal Picq, paléoanthropologue, tente de répondre à ces deux questions : « qu’est-ce que l’humain » ? « Est-ce que ce sens est propre à l’espèce Homo sapiens » ? Dans un entretien accordé à Muriel Jasor et Yann Verdo – les Echos le 17 octobre 2012, Pascal Picq apporte un éclairage précieux en formulant des pistes pour travailler ensemble et pour faciliter le processus d’innovation.

Selon Pascal Picq il serait réducteur de cantonner le partage à la seule notion de morale ou d’altruisme. Il décrit le partage comme un acte favorisant la coopération et la survie. Partager signifie s’assurer et se rassurer sur ses chances de survie. Ainsi cet « altruisme intéressé » ferait partie du processus de « sélection naturelle ». Les groupes qui ont mis en place des mécanismes collaboratifs et des systèmes d’échanges ont évolué positivement. Il considère que les systèmes complexes et que les méthodes des grandes entreprises pourraient mettre en péril l’entreprise dès que le partage et l’entraide ne sont plus présents. En effet certains modèles organisationnels conduisent à la stérilité de l’entreprise, processus similaire à celui de la sélection naturelle.

La survie de la PME (au sens Évolutionniste) est due à la mise en place d’interventions centrées sur l’entraide et l’échange. Ce terreau propice au développement de la start-up se niche au cœur même de la « petite » entreprise. En effet, la polyvalence et la simplicité avec laquelle les rapports se créent entre les parties prenantes montrent un entrelacement d’échanges collaboratifs favorisant ainsi l’émergence d’innovations.

Le professeur de paléoanthropologie poursuit en insistant sur le fait que l’innovation n’est pas le « seul apanage » des ingénieurs. C’est encore le travail collaboratif et les idées de tous, au sens large, qui produisent des résultats exceptionnels. Il évoque notamment l’entreprise IDEO comme étant un modèle d’entreprise favorisant les échanges collaboratifs.

Ainsi, installer son entreprise dans un site propice aux échanges intra-entreprise et inter-entreprises pourrait contribuer favorablement à votre réussite.

Rédigé par CTB

http://www.youtube.com/watch?v=PWkk9sr_GOs

http://www.ideo.com/people/bill-moggridge